vendredi 8 juillet 2011

Hamlet de Shakespeare

Les fêtes nocturnes du château de Grignan attirent pendant prés de deux mois un public nombreux. Il est un fait que le cadre est enchanteur et le choix de la pièce d'une renommée généralement assez grande que pour déplacer les foules. Il est donc parfaitement inutile de demander qu'une vedette soit installée en haut de l'affiche. C'est pourtant ce qui se produit cette saison où le rôle si décisif, si convoité d'Hamlet a été confié à Philippe Torreton qui non seulement n'a plus l'âge de jouer les ados terribles mais surtout pour qui la mélancolie dont est affligée le prince d'Elseneur semble être "terra incognita"

Acteur indéniablement talentueux il ferait un fabuleux D'artagnan mais sa vélocité, comme son penchant à l'efficacité empêchent qu'on puisse se persuader qu'il est prisonnier de la folie qui loge en lui. Jean-Luc Revol, à qui a été confiée la mise en oeuvre a tiré de nombreuses scènes un excellent parti mais a aussi, dans l'adaptation de cette pièce beaucoup trop longue pour être montée dans son intégralité, eu la fâcheuse idée de privilégier les monologues au demeurant grandioses du vieil enfant que l'assassinat de son père a laissé inconsolé. Le spectacle pâtit de plus des trop nombreux blocs d'action qui le parsème. Du coup les scènes si captivantes du complot que fomentent Claudius l'usurpateur et Laerte, (que la mort de son père et de sa soeur Ophélie ont rendus fou de douleur et de courroux) pour réduire Hamlet au silence passent à l'as. Ce qui est d'autant plus navrant que Claudius est incarné par Georges Claisse et Laerte par Cyrille Thouvenin, deux comédiens à qui les spéculations inquiètes de Shakespeare sur la nature humaine ne font pas peur. Bien qu'handicapée par une coiffe trop altière Catherine Salviat compose, quant à elle, une Gertrude que son mélange d'incrédulité et de mauvaise foi nous rend - et c'est peu fréquent- extrêmement proche.

On ne dira rien de la traduction de Jean-Michel Desprats sauf qu'on l'a connu mieux inspiré. Les lumières de Bertrand Couderc apportent en revanche à cette tragédie familiale un supplément d'âme.

Jusqu'au 20 août Château de Grignan tel 04 75 9183 65

2 commentaires:

marsupilamima a dit…

j'aime bcp ce festival en raison du lieu bien sûr, mais aussi de son public curieux, attentif, bon enfant. Pas si loin d'Avignon, mais un autre monde...Drôle d'idée, c'est vrai d'avoir été chercher torreton mais on ira pour catherine salviat.

nike air max pas cher a dit…

vous fashion.thank pour le partage